Calcul du maintien de salaire maladie : IJSS, carence et complément employeur | S-Paie
PAIE MALADIE

Maintien de salaire maladie :
comprendre le calcul sans se tromper

IJSS, délai de carence, complément employeur, subrogation, garantie du net : le maintien maladie est l’un des calculs les plus sensibles en paie. Une mauvaise méthode peut fausser le bulletin et la DSN.

Partager : LinkedIn Facebook X
SIMULATEUR DROITS RESTANTS
0 jour utilisé
0 jour utilisé
15 jours calendaires

À désactiver si votre convention collective prévoit un maintien dès le 1er jour.

Droits restants sur 12 mois glissants

Droits à 90 % restants
30 jours
Droits à 66,66 % restants
30 jours
Jours potentiellement maintenus : 8 jours

Simulation du nombre de jours de maintien légal restants. La convention collective peut prévoir des règles plus favorables.

Répartition du nouvel arrêt

Après carence et consommation des droits sur 12 mois glissants

Jours maintenus à 90 % : 8 jours
Jours maintenus à 66,66 % : 0 jour
Jours non maintenus légalement : 0 jour

Les jours d’arrêt déjà indemnisés au cours des 12 mois précédents réduisent les droits disponibles pour le nouvel arrêt.

1. Le maintien maladie : de quoi parle-t-on ?

Lorsqu’un salarié est en arrêt maladie, il peut percevoir des indemnités journalières de Sécurité sociale, appelées IJSS. Dans certains cas, l’employeur doit compléter ces IJSS pour garantir une partie de la rémunération habituelle.

Ce complément est souvent appelé maintien de salaire, mais il ne faut pas le confondre avec un maintien intégral du salaire. En maintien légal, l’employeur complète seulement jusqu’à un pourcentage de la rémunération brute, après déduction des IJSS.

Point clé : on ne verse pas le maintien en plus des IJSS. On calcule un niveau de garantie, puis on déduit les IJSS brutes et, le cas échéant, les prestations de prévoyance financées par l’employeur.

2. Les conditions du maintien légal

Le maintien légal n’est pas automatique pour tous les salariés. Il suppose notamment que les conditions légales soient remplies. La convention collective peut toutefois prévoir des règles plus favorables.

Ancienneté

Le maintien légal suppose en principe au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise.

Justification

L’absence doit être justifiée par un certificat médical transmis dans les délais.

Soins en Europe

Le salarié doit être soigné en France ou dans un État de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen.

3. La méthode de calcul en paie

Le raisonnement se fait en quatre temps :

  1. Calculer l’absence maladie selon la méthode retenue dans l’entreprise ou le logiciel.
  2. Identifier les droits théoriques selon l’ancienneté : 90 %, puis 66,66 % en maintien légal.
  3. Déduire les jours déjà indemnisés au cours des 12 mois antérieurs, car ils consomment les droits disponibles.
  4. Déduire les IJSS brutes, même si elles sont versées directement au salarié hors subrogation.
  5. Contrôler le net, notamment si une garantie du net ou une règle conventionnelle plus favorable existe.
Ancienneté1re période2e période
1 à 5 ans30 jours à 90 %30 jours à 66,66 %
6 à 10 ans40 jours à 90 %40 jours à 66,66 %
11 à 15 ans50 jours à 90 %50 jours à 66,66 %
16 à 20 ans60 jours à 90 %60 jours à 66,66 %
21 à 25 ans70 jours à 90 %70 jours à 66,66 %
26 à 30 ans80 jours à 90 %80 jours à 66,66 %
31 ans et plus90 jours à 90 %90 jours à 66,66 %
Règle des 12 mois glissants : pour calculer les indemnités dues sur une paie, il faut tenir compte des indemnités déjà perçues par le salarié pendant les 12 mois antérieurs. Si plusieurs arrêts ont déjà été indemnisés, ils réduisent le nombre de jours encore disponibles.

Attention : ce tableau correspond au maintien légal. La convention collective peut prévoir un maintien plus favorable, parfois dès le premier jour d’arrêt ou avec une garantie du net.

4. Le piège classique : IJSS, subrogation et garantie du net

La subrogation ne change pas le droit au maintien. Elle change seulement le circuit de paiement : l’employeur perçoit les IJSS à la place du salarié et les intègre dans le traitement de paie.

Autre point sensible : les IJSS ne sont pas soumises aux mêmes cotisations que le salaire. Sans contrôle, un salarié peut parfois percevoir un net supérieur à celui qu’il aurait eu en travaillant. C’est là qu’intervient la logique de garantie du net ou de net strict, selon les règles applicables.

Erreur fréquente : maintenir le brut sans déduire correctement les IJSS, ou neutraliser le maintien sans contrôler le net final. En paie, il faut toujours vérifier la cohérence entre absence, IJSS, complément employeur, prévoyance et net à payer.

5. Check-list avant de valider le bulletin

Côté salarié

  • ✓ Ancienneté suffisante
  • ✓ Arrêt transmis dans les délais
  • ✓ Droits IJSS ouverts
  • ✓ Convention collective contrôlée

Côté bulletin

  • ✓ Absence correctement valorisée
  • ✓ IJSS brutes déduites
  • ✓ Complément employeur contrôlé
  • ✓ Net final vérifié

Sources de référence

  • Code du travail : articles L.1226-1 et D.1226-1 à D.1226-8.
  • Code du travail : article D.1226-4 sur la prise en compte des indemnités déjà perçues durant les 12 mois antérieurs.
  • Service-public : indemnités journalières maladie et règles 2026.
  • Assurance Maladie : montants maximum des IJSS.
  • Code du travail : contre-visite médicale, articles R.1226-10 à R.1226-12.

Cet article peut aider un collègue ?

Partagez-le facilement sur vos réseaux ou copiez le lien.

Un doute sur un maintien maladie ?

S-Paie contrôle vos bulletins, vos IJSS, vos maintiens et vos paramétrages maladie dans Silae.

Demander un contrôle

© S-Paie – Veille sociale & expertise paie

Publications similaires